chibatop Administrateur
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Joined: 08 Nov 2007 Posts: 1,818 URLLocalisation: Agadir 
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Posted: Wed 24 Sep - 09:38 Post subject: Racontez la suite de l'histoire en vous servant de ce qui est déjà écrit! |
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Plus à l'aise avec les images qu'avec les mots,j'ai,en 2007,laissé les visiteurs remplir les pages blanches de mon livre. Je tiens à remercier madame zanimo pour avoir placé les premiers mots et Jeanne-Pimangamour pour...je vous laisse lire!
 madame zanimo: “Le début de l’histoire commence il y a quelques temps.Un homme passe dans la rue et croise une femme qui marche les yeux dans le vide et lui, il lui offre un sourire. Elle réagit et son regard s’illumine. Puis des larmes coulent le long de ses joues et la femme se met à courir, vite, très vite. L’homme émut par ses larmes, la suit comme il peut car la femme court vite. Elle arrive à un carrefour et s’arrête et puis se retourne, comme si elle attendait l’homme. Lui arrive et comme il est essoufflé, il s’arrête et ne dit rien. Elle, sèche ses yeux et lui rend son sourire. L’homme est captivé par le sourire de cette femme. Elle lui tend la main et il lui répond en lui tendant la main aussi. Dès que leurs mains se touchent, plus rien ne comptent pour eux. Ils se regardent de manière intense, comme si ils étaient soudés, hypnotisés par le simple contact de leurs mains. Ils se touchent juste du bout des doigts. Elle avance sa main comme pour se serrer la main. Là, c’est lui qui dans un geste inattendu de sa part, il recule et reprend ses distances et toujours pas une parole échangée.C’est juste le regard et les mains qui parlent. Les paroles sont inutiles.”
Jeanne-Pimangamour: “Elle n’en revenait pas, de toute sa vie, elle n’avait ressenti cette sensation d’être happée dans un autre monde, un lieu de complétude… comme si tout à coup les mystères de son existence trouvaient enfin leur explication, leur clé. Pourquoi, se demandait-elle, en puisant dans le regard de cet inconnu, s’était-elle sentie comme “libérée” ? D’où venait-il ? Qui était-il ? Les questions, à présent, se bousculaient, se pressaient et elle ne pouvait que noter son désarroi croissant… C’était, comment l’expliquer, comme une privation, une punition ; ses mains étaient vides, son esprit lui apparaissait comme dépossédé d’un tout qui l’avait si bien suspendue hors du temps, hors de l’espace… Le domaine de l’incontournable, de l’évidence, de la raison d’être. Emma se rendait, comme chaque jour, à ses cours d’art graphique, de peinture, aux Beaux Arts. Cette pratique, avait jusqu’à présent rempli son existence, et elle oubliait là, ses déboires sentimentaux, qu’elle ressentait le besoin d’expurger, en s’adonnant à sa passion de l’harmonie des couleurs. Elle sentit un flot de sang envahir les veines de ses tempes qui battaient au rythme de son coeur oppressé, emballé et décida qu’il fallait retrouver à tout prix l’inconnu qui l’avait si bien sublimée, à un moment où tout lui semblait si vide de sens. Instinctivement, elle le baptisa “LUI”, et s’affola de ne pouvoir reconstituer ses traits, son visage… Etait-il grand, petit, blond, brun ? Elle ne revoyait que le voyage fulgurant qu’elle avait fait dans son regard. Non, elle ne perdait pas son sens commun, lui, aussi, avait fait ce voyage, elle en était convaincue. Demain matin, et le temps allait lui sembler trop long, oui, demain, elle tenterait de retrouver sa trace… Pouvait-elle faire autrement ? De toute façon, ce n’était plus elle qui décidait, elle était portée par une force nouvelle. Il était 09H10, et Maxence avait regagné son bureau. Pour la première fois depuis son divorce, il ne parvenait pas à s’oublier à la lecture des nouvelles du monde. Les titres des articles se succédaient sans revêtir le sens premier, accrocheur, qui incite à la connaissance ou à l’approfondissement du sujet. Il se sentait à la fois rempli, comme une soif intense qu’il aurait assouvie, et en même temps saisi d’un désir ardent de boire à nouveau… “Réfléchissons”, se dit-il enfin. “J’ai croisé une femme blonde qui a retenu mon attention, qu’y-a-t-il eu de plus ? blonde, non, sûrement brune…” Et il s’aperçut avec effroi qu’il n’avait gardé aucun souvenir précis du contour du visage qui l’obsédait tant, et, plus extraordinaire, rien de la forme et de la couleur de ces yeux qui s’étaient, en un instant à valeur d’éternité, si profondément amarrés à la berge de son inconscient. Il brûlait d’impatience d’être à demain pour vérifier l’heure de la fatalité…”
Jeanne-Pimangamour: … Sa journée était à présent terminée… une interminable journée, qui n’était rien, il le pressentait à côté de la nuit fébrile qu’il devrait passer avant de pouvoir vérifier si “l’événement” allait se reproduire. Maxence était un être sain qui savait voir les belles choses que la vie apportait et il ne s’encombrait pas de pensées nuisibles à son équilibre. Il était né pour porter les couleurs de ses idéaux et avait cette faculté, rare, d’y allier simplicité, énergie et ferveur. Son instinct ne le trompait que rarement, et il avait décelé en une fraction de seconde, ce matin-là, l’expression même de la quête inlassable qui était sienne depuis toujours. L’impression qu’il en avait ressentie était semblable à la matérialisation d’une chose de l’esprit que l’on aurait pu toucher, sentir, tant elle avait de matière… Il y avait eu rencontre de deux ondes d’égale intensité, deux forces qui s’étaient mêlées, qui s’étaient prises, à l’insu de leurs propriétaires. Etait-il possible de revivre ce moment d’étonnante quiétude et de justification de l’être ? Cette nuit douce et si parfaitement étoilée était propice à la réflexion. Emma, de son côté, penchée à la fenêtre de sa chambre, contemplait les amoureux de fin de soirée qui marchaient précipitamment vers le mystère de leur coeur à corps… Elle n’avait jamais été véritablement ce que l’on pouvait qualifier de “fleur bleue”, elle était seulement à la recherche de la vérité du coeur, et avait très tôt compris que l’exigence qu’elle en avait n’était peut-être pas de ce monde… Maxence était à présent face à lui-même dans ce lit qui accueillait si volontiers son repos et la nudité de son âme. Il s’efforçait, là, à la quiétude quand son esprit lui semblait torturé. Cette nuit-là, il revit son enfance, sa quête de perfection, ses combats pour y parvenir, ses échecs et sa peur de ne pas réussir à se surpasser. Comme un enfant sans défense, il sentit les larmes chaudes de l’inaccessible couler sur ses joues. Pourtant, cette fois, il lui semblait que ce n’était pas des larmes d’impuissance mais plutôt de regret… de regret de n’avoir pas ressenti ce mélange de douceur et de paix intérieure avant… voilà qu’il commençait à se dépasser, à tendre vers l’Autre qui lui donnait enfin ce sentiment d’être entier. Il appela alors ces larmes comme pour se baigner, se purifier car en lui, un être nouveau naissait. Apaisé par cette sensation de sérenité qui l’envahit, Maxence s’endormit, avec la conviction que sa faiblesse du moment était annonciatrice de la force qu’il trouverait au réveil… Emma est couchée. Elle tourne et retourne son livre du moment qui représente le rite auquel elle ne sacrifie jamais, avant de de trouver le sommeil. Or, là, maintenant, elle ne parvient pas à se concentrer sur sa lecture pourtant si captivante. Elle se sent remplie de lumière et vibre comme la corde d’un Stradivarius ; tout son être est ouvert et tend vers une harmonie avec le monde que l’être humain a créé. Il lui semble qu’elle se fond avec l’espace, qu’elle est même capable de le dépasser, d’aller au-delà, au-delà d’elle-même, au-delà de TOUT. Ne va-t-elle pas dormir ? Prisonnière d’une force qu’elle ne maîtrise pas, qu’elle ne contrôle pas, il ne lui semble vivre que pour cette minute où elle pourra le revoir -LUI-, celui qui en un instant lui a tout donné, et aussi tout pris, puisque plus rien ne l’intéresse à cette minute que ce regard… son nouveau bien… Mais pourquoi le réveil ne sonne-t-il pas encore !
Jeanne-Pimangamour: La rencontre Les yeux mi-clos de Maxence s’ouvrent à la douce lumière de l’aube et s’habituent au jour naissant. Ses rêves l’ont porté vers la complicité d’une autre partie de lui-même, jusqu’alors inconnue. Etonné d’être seul à son réveil, il commence, méthodiquement, tous les rites du lever, réglés par une longue habitude. Il est calme, mu par une force et une détermination que seule, la conviction intime donne à l’action… Il se prépare à sortir de cet appartement qui l’étouffe : oui, sortir, respirer, humer, s’emplir d’une autre vie, passer de la fébrilité à l’accord parfait de l’être… peut-être… sûrement… oui, c’est LA… Tandis qu’il se hâte en tirant cependant plaisir de chaque minute qu’il laisse filer entre ses doigts, comme il aime à le faire, avec un sablier, Emma, sous la douche, s’impatiente du filet d’eau trop chaud, puis trop froid et court, enveloppée d’une serviette jusqu’à sa garde-robes. Quoi ! Ce joli chemisier jaune paille qui lui va si bien s’est froissé ! Il lui faut prendre alors, car la minute n’est pas aux travaux domestiques, ce pull moulant qu’elle juge un peu moins sage… tant pis, ce sera parfait avec cette jupe-crêpon gauffrée qui ne met en valeur que l’extrême finesse de ses chevilles. Voilà, le café à présent dans son mug, quelques gouttes de lait, deux sucres en forme de coeur et elle n’aura plus qu’à dompter sa chevelure bouclée et fine, mais qui encadre si joliment son visage. Sa veste de cuir vert, son petit sac porte-feuilles, seront les derniers éléments à attraper au vol avant de se retrouver dehors. Dehors ? ah ! Soudain, elle est prise d’un vertige… aura-t-elle le cran d’affronter l’apparence physique de celui qu’il lui semble connaître intrinsèquement ? Comment cela va-t-il se passer ? Le rêve va-t-il se briser en une fraction de seconde ? Et puis… sera-t-il “au rendez-vous”?… Refusant de répondre à ces questions et évitant d’envisager ce futur proche… OUI, proche, elle ferma sa porte et descendit quatre à quatre les escaliers. Toutefois, l’odeur des marrons chauds d’un vendeur ambulant la rendit à ses sens et elle sensit qu’elle ne pouvait échapper à sa recherche de l’Autre. L’observateur pourrait les voir, ensemble, se jeter dans l’univers de la rue emplie d’occupations matinales, respirer cette atmosphère si particulière à l’automne, le parfum de l’embellie de la nature avant son endormissement, l’odeur de la feuille du platane qui allie la senteur à la couleur : n’avez-vous jamais senti cette particularité cuivrée, de rouille et de sève mûrie ? La place est proche et Emma, en traversant pour y accéder, se sent portée par l’exigence de sa vie… Maxence, en apparence plus mesuré, plus prudent aussi, est tendu par l’effort de la recherche de ce qui est, dès lors, son bien-être… Un bus passe et constitue, de part et d’autre, un écran qui empêche toute visibilité, puis, soudain, laisse passer l’interstice ténu où l’un et l’autre, tendus de chaque côté d’un arc imaginaire, progressent à la même vitesse sur le point de puissance maximum. Leurs regards se croisent quand l’élan réciproque arrive à son paroxysme. Emma, déjà sur la place, reste soudain figée, paralysée, tandis qu’une force vive investit son coeur. Il est là, devant elle… Elle entr’ouvre la bouche… Racontez la suite en vous servant de ce qui est déjà écrit! Flood non autorisé,merci!!!
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